Testé pour vous : perdre ses papiers et sa carte bancaire à Porto

Touristes ou expatriés en attente de carte de résident, nous pouvons tous nous retrouver en espadrilles devant la gare centrale de Porto, papiers d’identité et carte
bancaire envolés. Un jour férié, naturellement. Je l’ai testé pour vous ce 1er
mai 2009. Grâce à Vivre à Porto tout s’est extrêmement bien terminé, en week-end très prolongé. Pour le nouveau blog de Vivre à Porto, voici donc, en exclusivité, quelques repères si pareille mésaventure se produit pour vous ou autour de vous.

Les faits
A bord du train Coimbra-Porto, tout juste débarquée en touriste du train de nuit
en provenance de France, horrible constatation : le porte-feuille a disparu,
sans doute durant le changement en gare de Coimbra, un 1er mai, avec cartes
bancaires, passeport, permis de conduire, tout. Que faire ? 

Espoir fou : et si quelqu’un avait retrouvé mon portefeuille 
Le bureau d’assistance aux voyageurs (Apoio ao cliente), situé dans les gares, peut contacter la ou les gares où vous pensez avoir perdu votre bien. Si rien n’a été trouvé, un avis d’objets perdus est mis en ligne sur l’intranet des chemins de fer portugais. Si et quand ils refont surface, vous en serez avertis au numéro de téléphone laissé à l’employé lors de votre déclaration. Surpris ? Les nouvelles technologies ne sont pas un vain mot au Portugal, bien au contraire. C’est la SNCF qui peut rougir.

Comment rentrer en France sans passeport ?
Espace Schengen ou pas, un papier d’identité est encore nécessaire pour franchir les
frontières, et surtout, pour embarquer dans un avion. Il faut donc déclarer
l’avoir perdu. Au Portugal, il existe une police touristique. C’est auprès
d’elle qu’il faut déclarer pertes ou vols, et non auprès du premier commissariat croisé. A Porto, le PC de la police des touristes est situé sur la place de la mairie. Devant la gare principale de Porto (sao bento), dirigez-vous sur votre droite, vers la grande place, repérez le Macdonald, c’est de l’autre côté de la place, un peu plus haut. Les
agents sont polyglottes, un badge vous indiquera quelles langues ils pratiquent.
Pendant les formalités, vous pourrez même admirer une collection de képis et
casques de police du monde entier, dans les vitrines du commissariat.

Et mes cartes bancaire, chéquier, etc. ?
Les distributeurs de billets sont nombreux en centre-ville de Porto, mais aucun ne semble donner sur l’écran d’accueil le numéro d’urgence pour faire opposition, comme en France. Le numéro de la plate-forme téléphonique Visa-Carte Bleue pour le Portugal est, selon leur site, le 800-8-11-824. Attention : grâce à la loi des séries, il est à parier que vous serez en fin de batterie ou de forfait. Or, ce numéro surtaxé m’a personnellement fait patienter quinze minutes dans un labyrinthe de "Faites le 1, faites le 2, faites le 3" et de musique, sans jamais décrocher. Mieux vaut appeler le numéro dédié de sa propre banque en France, via les renseignements internationaux , cher, mais bien plus rapide. BNP-Paribas a décroché à la première sonnerie un 1er mai et effectué l’opposition en trois minutes. Vous n’aurez bien sûr pas emporté en vacances votre numéro de carte Visa... Pas de panique : l’adresse et la date de
naissance permettent de retrouver votre carte dans la base de données et d’y
faire opposition. La confirmation et le numéro d’opposition vous seront envoyés
par SMS. Si vous n’avez pas perdu aussi votre téléphone mobile...Il est aussi
possible de faire opposition en ligne depuis le cybercafé-café situé dans la gare
principale de Porto, près du bureau de change American Express.
Sans argent, sans papiers, difficile de faire du tourisme. Si vous n’avez pas la
chance d’être nourri-logé-choyé (comme moi), il ne reste plus qu’à demander à
un proche en France de faire un virement télégraphique par des services tels
que Western Union, pour rentrer tête basse à la maison. Encore faut-il pouvoir
passer les frontières. Prochaine étape : le consulat de France.
 
Vive le consulat de Porto !
Porto a la chance d’avoir un consulat français, un grand confort et réconfort. Il évite aux expatriés ou aux touristes en détresse de devoir se rendre à Lisbonne pour la moindre formalité.
Au consulat, muni de la déclaration de perte délivrée par le commissariat, il vous sera délivré un laissez-passer pour franchir les frontières (mais oui, comme en temps de guerre ou dans les romans des années 30), valable trente jours. Les beaux timbres fiscaux du laissez-passer vous couteront 23 euros. Le studio du photographe,
judicieusement situé au rez-de-chaussée du même immeuble, pourvoira aux photos
d’identité (8 euros).
Ceux qui n’ont pas de billet d’avion de retour ou qui l’ont perdu se demanderont si le numéro de ce laissez-passer sera accepté par les cases du formulaire de réservation en ligne. Nous n’avons pas rencontré ce problème avec la compagnie Transavia, qui ne demande qu’un numérode carte bancaire - là encore, il faut de vrais amis pour sponsoriser votre retour en France. Il ne m’a pas été demandé non plus de présenter la carte bancaire à l’enregistrement le jour du retour.

La morale de l’histoire ?
1-Porto est idéal, si l’on peut dire, pour tester cette mésaventure : les Portugais parlent très souvent très bien le français, et très souvent l’anglais, les services publics et transports sont très bien organisés, les distances raisonnables, et le consulat de France est là !
2- Obrigada Vivre à Porto !